24 heures à Alger La capitale algérienne, c’est une histoire de lumiére, de couleurs, de brouhaha populaire sur fond d’un quotidien pas toujours facile. Alger envoûte autant qu’elle intrigue. On la surnomme La Blanche. Mais c’est peu dire. Alger est lumineuse, aveuglante. Même les jours sans soleil. La luminosité vous créve les yeux. J’ai rarement vu la ville sous un ciel bleu. Une brume de chaleur tenace se mêle souvent à la pollution urbaine étouffant la ville d’un voile opaque. Au point de dissimuler les hauteurs de la Casbah et la basilique Notre-Dame d’Afrique qui surplombe la mer de plus de cent vingt mêtres. Et pourtant, sous son ciel laiteux, Alger n’a jamais le teint blafard. Pour preuve, les stores bleus, rouges ou roses ficelés aux balcons. Les moulures jaune citron de certains immeubles "néo-parisiens". Les étals de légumes et de fruits éclatants de couleurs dans un dédale de ruelles. Et cette foule. Grouillante, indisciplinée, bariolée, bruyante et vivante. Alger vous en met toujours plein la vue. Nous traversons le square Port Saïd et ses quelques kiosques de bric-à-brac. C'est ici que l'on trouve des souvenirs et surtout le meilleur taux de change. Kader m'abandonne après un énième café serré dans un bar recouvert de posters de foot. Dans une arrière-salle enfumée, des vieux jouent au domino dans une fumée épaisse. Je remonte la rue Larbi Ben M'Hidi. L'une des plus commerÁantes. Ici et là quelques boutiques artisanales pour touristes. Beaucoup de breloques. Un peu plus loin des disques très bon marché. Le meilleur du raï ou encore le dernier Natasha Saint Pier pour seulement un euro. Je l'avoue, j'achète. En bout de course, le secteur de la Grande Poste. Alger se fait plus "city". L'Université est à deux pas, rue Mourad Didouche. Les terrasses de café sont bondées. Des vendeurs de cartes postales proposent Boumediene, Castro ou encore Ronaldhino. Les filles deviennent plus sexy. Les garçons plus branchés. Sur les murs, des affiches annoncent le concert de la chanteuse Nâdiya dans la vieille salle Ibn Khaldoun. Enfin une artiste franco-algérienne qui offre un véritable concert populaire loin des réseaux consulaires. Une journée chaude s'annonce. Des heures à marcher en direction des quartiers surpeuplés de Hussein Day et de Kuba. Ce soir, deux sours, deux amies, Yasmina et Ourida, m'invitent à dîner. Dans leur vieil appartement de fonctionnaire français, nous parlons de ces soupes de légumes qu'elles affectionnent, du code de la famille, du désarroi kabyle, du charme des plages d'Alger, des espoirs de démocratie. Sadek, le fils aîné, fait chauffer la parabole. En direct sur les chaînes de foot, comme tous les jeunes Algériens. Après dîner, il me ramène au centre ville. Juste à cïté de la Grande Poste, en bas du Jardin de l'Horloge florale, à deux pas du port. On projette des films en plein air. Le ciel est étoilé. Et si demain, il faisait ciel bleu ? |
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