Le
noyau de la future Cité de la matière
Vestige futuriste
des années 1950, la boule d’aluminium appartient déjà
au passé. Mais deux scientifiques lui ont imaginé un
avenir. Leur ambition verra-t-il le jour ?
Sur
le papier, le projet est bien avancé. Une “ Cité de
la matière ” pourrait voir le jour sur Rangueil. L’idée
a germé dans l’esprit de deux scientifiques, Guy Molenat
et Michel Mitov, chercheurs au Centre d’élaboration de matériaux
et d’études structurales (Cemes), un laboratoire relevant
du CNRS. Ces deux scientifiques sont convaincus qu’un tel site séduirait
un large public. “ Nous misons sur plusieurs dizaines de milliers
de visiteurs par an ”, estime Guy Molenat. Les concepteurs du projet
ont déjà trouvé leur point d’ancrage, un lieu
symbolique qui devrait être la clé de voûte de la future
cité : la fameuse “ boule de Rangueil ”.
Pour les uns, elle abrite à coup sûr un télescope
braqué sur le ciel. Pour d’autres, il doit s’agir d’un
laboratoire manipulant des matières dangereuses. Depuis sa création
en 1958, la boule de Rangueil - que l’on pourrait surnommer la Géode
toulousaine - a toujours intrigué les Toulousains. Et personne
ne détient vraiment la bonne réponse. En réalité,
cette étonnante réalisation architecturale en aluminium,
haute de 25 mètres, inaugurée en 1959 par le général
de Gaulle, accueille les vestiges d’un microscope électronique
permettant de scruter l’infiniment petit.
Depuis
1991, l’appareil ne fonctionne plus. Ses heures de gloire appartiennent
au passé. En son temps, ce microscope électronique était
le plus puissant au monde. Il permettait d’étudier la matière
sous une tension de 1,5 million de volts. Une performance aujourd’hui
largement dépassée. Mais qu’importe, le CEMES, Centre
d’élaboration de matériaux et d’études
structurales appartenant au CNRS, entend bien conserver ce vestige très
esthétique - à l’intérieur, les générateurs
d’électrons sont tout simplement sublimes - que l’artiste
peintre Raymond Moretti a d’ailleurs immortalisé dans sa
fresque sous les arcades de la place du Capitole. “ Cette boule
fait partie de notre patrimoine, souligne Guy Molenat. Avec elle, nous
disposons d’un bel outil qui peut nous permettre de faire découvrir
au public le monde de la physique et de l’infiniment petit.”
En attendant que le dossier aboutisse, la sphère s’offre
toujours à la curiosité des passants. Et à leurs
yeux, elle reste toujours aussi ronde que mystérieuse.
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