Sur le chemin des découvertes L’Algérie redevient une destination touristique. Même si le pays est encore meurtri par des années de terrorisme et même si son peuple reste accablé par les problèmes sociaux. Dans le sud alg»rien, la tradition veut que le thé se boive en trois fois : le premier est "amer comme la mort", le deuxième "doux comme la vie", le troisième "sucré comme l’amour". Je réalise qu’il m’aura fallu autant de voyages pour avouer définitivement mon trouble devant ce pays. Un premier contact au sortir des années 90 me montra une Algérie meurtrie et encore écrasée par une violence insidieuse. Un deuxième me fit comprendre la douceur et la subtilité d’un pays en quête de renaissance. Un troisième, le dernier, vient de me confirmer que cet immense territoire (le deuxième plus vaste pays d’Afrique avec 2 381 741 km2) a tout pour assouvir les plus fortes passions de voyage et de découverte. Ses visiteurs deviennent souvent des inconditionnels. Sans pour autant devenir aveugles. Malgré tout, les Algériens gardent espoir. Ils savent que la fin des années noires du terrorisme va rassurer de plus en plus les investisseurs étrangers attirés par les richesses naturelles. Ils savent aussi que leur pays possède un potentiel touristique et culturel incontestable. Depuis 2004, les cohortes de touristes ont refait leur apparition dans les rues d’Alger ou d’Oran. à l’heure d’ailleurs où de nombreux "Pieds Noirs" reviennent aussi visiter le pays sur fond de nostalgie. Certes, les infrastructures d’accueil sont quelque peu ankylosées. Le tourisme ne fait pas encore faire partie des priorités de l’Etat, plus préoccupé par le gaz et le pétrole. Mais la demande croissante incite les opérateurs privés à redoubler d’efforts. Et personne ne s’étonne de cette amorce de succès qui pourrait finir par inquiéter les voisins marocains et tunisiens. L’Algérie possède un tel patrimoine historique et naturel ! Les ruines romaines du nord de l’Algérie, les oasis du Sahara, les villages de Kabylie, les reliefs des Aurès, des Hauts-Plateaux ou encore du Hoggar. Sans compter les villes, Alger, Oran, Constantine, Tamanrasset, Gardha‘a … autant de cités qu’il faut visiter au risque de ne jamais en saisir tous les secrets. Pour en savoir plus, oubliez un instant votre guide favori et adressez-vous aux Algériens. Ils aiment prendre le temps de vous raconter leur terre qui ne résume pas à la violence, la misère et l’intolérance. Ils aiment vous accompagner et vous tendre quelques clés. L’Algérie est avant tout un pays de dialogue, de sensibilité, d’intelligence. L’heure du thé est un moment idéal pour aller plus loin. Le premier verre risque de vous sembler trop amer. Persévérez jusqu’au troisième. De l’amertume au sucré, il n’y a qu’un pas. |
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